Une première en Afrique : un incinérateur de déchets à valorisation énergétique voit le jour en Ethiopie

Un nouvel incinérateur de déchets à valorisation énergétique devrait transformer le site et révolutionner l’approche adoptée par la ville en matière de gestion des déchets. L’usine, qui doit entrer en service en janvier prochain, brûlera 1 400 tonnes de déchets par jour, soit environ 80% des déchets de la ville, tout en fournissant à la ville d’Addis Abeba 30% de ses besoins en électricité et en respectant les normes européennes en matière d’émissions atmosphériques.
il y a 2 ans

Depuis un demi-siècle, la décharge de Koshe est la seule décharge d’Addis-Abeba. Au fur et à mesure que la ville s’est agrandie, la décharge, qui se trouvait à la périphérie de la capitale éthiopienne, fait désormais partie intégrante du paysage urbain, elle s’étend sur une superficie équivalente à 36 terrains de football. Elle attire des centaines de ramasseurs de déchets pour qui la récupération des ordures consiste en leur moyen de subsistance. Au début de l’année, un glissement de terrain a entraîné la mort de 114 personnes, suite auquel le gouvernement a déclaré trois jours de deuil.

Cependant, un nouvel incinérateur de déchets à valorisation énergétique devrait transformer le site et révolutionner l’approche adoptée par la ville en matière de gestion des déchets. L’usine, qui doit entrer en service en janvier prochain, brûlera 1 400 tonnes de déchets par jour, soit environ 80% des déchets de la ville, tout en fournissant à la ville d’Addis Abeba 30% de ses besoins en électricité et en respectant les normes européennes en matière d’émissions atmosphériques.

Ce site, fruit d'un partenariat entre le gouvernement éthiopien et un consortium d'entreprises internationales, est le premier du genre en Afrique.

Photo: L'usine d’incinération de déchets à valorisation énergétique. ©: Government of Ethiopia

« Le projet Reppie n’est qu’un élément de la stratégie plus large éthiopienne pour lutter contre la pollution et adopter les énergies renouvelables dans tous les secteurs de l'économie, » a déclaré Zerubabel Getachew, représentant permanent de l’Éthiopie aux Nations Unies à Nairobi. « Nous espérons que Reppie servira de modèle à d’autres pays de la région et du monde entier. »

Dans les usines d’incinération de déchets à valorisation énergétique, les déchets sont brûlés dans une chambre de combustion. La chaleur qui en résulte est utilisée pour faire bouillir l’eau qui se transforme en vapeur et entraîne un générateur de turbine qui produit alors de l'électricité.

Dans les villes où la terre est rare, l’incinération de déchets à valorisation énergétique a quatre avantages : elle permet d’économiser des espaces précieux, génère de l’électricité, empêche la libération de produits chimiques toxiques dans les eaux souterraines et réduit le dégagement de méthane, un puissant gaz à effet de serre généré dans les décharges, dans l'atmosphère.

L'incinération des déchets est populaire en Europe où près d'un quart des déchets solides municipaux sont incinérés. La France compte à elle seule 126 usines de traitement des déchets à valorisation énergétique, alors que l'Allemagne en compte 121 et l'Italie 40.

Comme ses homologues européens, l'usine de Reppie fonctionne selon les limites strictes en matière d'émissions fixées par l'Union européenne. L'usine adopte une technologie moderne de traitement des gaz de combustion pour réduire considérablement la libération de métaux lourds et de dioxines produites par la combustion.

Le projet est le fruit d'un partenariat entre le gouvernement éthiopien et un consortium d'entreprises internationales : Cambridge Industries Limited (Singapour), China National Electric Engineering et Ramboll, une société d'ingénierie danoise. Le consortium a été créé pour concevoir, construire et dans certains cas posséder des installations de traitement des déchets à valorisation énergétique adaptées à l'Afrique subsaharienne. Reppie est le premier site mis sur pied par le consortium de toute une série d'installations de ce type qui devraient voir le jour dans les grandes villes de la région.

Source: ONU Environnement

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