Alors que moins de 15% des montants exportés par la France le sont par des PME1 , Bpifrance le Lab démontre dans sa nouvelle étude pourquoi l’international constitue un catalyseur de croissance. Ce document, qui a valeur de manifeste, a été réalisé à partir d’une large recherche documentaire et d’interviews auprès de trente dirigeants de PME et ETI.

Paris, le 18 septembre 2017

Le déficit commercial ne cesse de se creuser jusqu’à atteindre 34,4 milliards d’euros au premier semestre 2017. Bpifrance le Lab se mobilise en faveur de l’international et publie une étude à l’attention de toutes les PME « international compatibles » qui s’ignorent. En 2016, seulement 124 100 entreprises exportaient, moitié moins qu’en Italie et en Allemagne. Bpifrance le Lab est convaincu qu’une présence internationale peut apporter bien plus qu’un relai de croissance aux PME françaises. L’international est un catalyseur d’innovation qui permet l’accès à des technologies et à des savoir-faire spécifiques ainsi qu’à des idées nouvelles, au service du développement en France. A l’heure où le recrutement et la fidélisation de collaborateurs talentueux constituent un réel enjeu pour les PME, une présence sur les marchés étrangers renforce considérablement l’attractivité d’une entreprise.

Selon Elise Tissier, directrice de Bpifrance le Lab « Contrairement à une idée reçue, beaucoup de dirigeants de PME ne sont pas convaincus par l’international et quand ils le sont, ils ne voient pas toujours comment y aller. C’est tout l’objectif de notre étude : s’appuyer sur la recherche et l’expérience des dirigeants pour déterminer dans quel cadre les entreprises devraient se déployer à l’international ».

Le dirigeant joue un rôle central dans le développement international de son entreprise, en élaborant une stratégie d’internationalisation, en stimulant la culture export de son entreprise et en communiquant en interne sur le projet. Pour Elizabeth Ducottet, PDG du groupe Thuasne, « L’engagement du dirigeant ne s’arrête pas avec le recrutement d’un directeur export. Pour bien comprendre les différences culturelles et conserver les valeurs de l’entreprise, il n’y a pas de secret : il faut être ouvert sur ses collègues internationaux et les rencontrer régulièrement. Un skype tous les mois ne suffit pas ! »

Aller à l’international constitue un choix audacieux et impliquant pour les dirigeants. « Dans de nombreux cas, le dirigeant préfère passer à côté des opportunités de business par crainte de l’échec, au risque de ne pas développer son entreprise » estime Jean-Luc Douillard, psychologue et co-fondateur du dispositif Apesa (Aide Psychologique aux Entrepreneurs en Souffrance Aigüe). Pour aider les entrepreneurs à dépasser cette peur de l’inconnu, l’étude de Bpifrance le Lab répertorie de nombreux organismes privés et publics qui accompagnent les entreprises.

Les exportations ne constituent pas l’unique chemin vers l’international. La franchise, le transfert de technologie ou même les importations permettent de se familiariser avec des marchés étrangers. L’ « e-export » est également un moyen de tester le succès de ses produits à l’étranger. Antoine Ioannides, PDG de Duralex International, témoigne : « En Chine, nous vendons nos produits sur la plateforme de e-commerce Alibaba. Nous avons créé une vitrine qui met en avant nos produits et sommes positionnés dans la catégorie Premium grâce à notre communication axée sur le « made in France ». A l’occasion de la journée des célibataires en 2016 (l’équivalent du Black Friday), nous avons enregistré un nombre record de commandes qui dépassait nos prévisions. Ces résultats nous ont amenés à mettre davantage de moyens pour soutenir notre croissance en Chine ».

La préparation est clé. Les travaux académiques montrent que les entreprises qui ont su conquérir et se maintenir sur un ou plusieurs marchés d’exportation, ont préparé leur stratégie au moins trois années en amont. Pour s’assurer un avantage concurrentiel à l’international, les entreprises investissent. La recherche académique montre qu’elles augmentent significativement leurs dépenses de développement et/ou leurs investissements en R&D pour améliorer la qualité de leurs produits et innover. Seules les entreprises les plus performantes parviennent à se maintenir à l’international.

Source: Bpifrance

Photo d'illustration: Le port du Havre en France (crédits: Franck BARRE / Flickr Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 2.0 Generic (CC BY-NC-ND 2.0))

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